• Superbe apologie de l'Occident, par Ibn Warraq.

    Lors d'un débat pour examiner la motion, «Nous ne devrions pas hésiter à affirmer la supériorité des valeurs occidentales», l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, entre autres, prenait la parole contre la motion. J’ai parlé en faveur de la motion, en mettant l'accent sur les vastes disparités entre les sociétés islamiques et occidentales dans les libertés, les droits humains et la tolérance. Je présente ici les arguments que j’ai avancés, de manière quelque peu condensée.

    Les grandes idées de l'Occident - le rationalisme, l'auto-critique, la recherche désintéressée de la vérité, la séparation de l'Église et l'État, la primauté du droit et l'égalité devant la loi, la liberté de pensée et d'expression, les droits humains et la démocratie libérale – sont supérieures à toutes les autres idées conçues par l'humanité. C’est l'Occident qui a pris des mesures pour abolir l'esclavage, les appels à l'abolition ne résonnaient pas encore en Afrique où les tribus rivales vendaient des prisonniers noirs à l'esclavage. L'Occident a obtenu des libertés pour les femmes et les minorités raciales et autres dans une mesure inimaginable il y a 60 ans. L'Occident reconnaît et défend les droits de l'individu: nous sommes libres de penser ce que nous voulons, de lire ce que nous voulons, de pratiquer notre religion, de vivre la vie de notre choix.

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    Bref, la gloire de l'Occident, comme dit le philosophe Roger Scruton, c'est que la vie ici est un livre ouvert. Dans l'islam, le livre est fermé. Dans de nombreux pays non occidentaux, en particulier les pays islamiques, les citoyens ne sont pas libres de lire ce qu'ils souhaitent. En Arabie Saoudite, les musulmans ne sont pas libres de se convertir au christianisme et les chrétiens ne sont pas libres de pratiquer leur foi - des violations manifestes de l'article 18 de Déclaration universelle des droits de l'Homme de l’ONU. En contraste avec l'état d’engourdissement forcé des esprits par les certitudes et les règles de l'islam, la civilisation occidentale offre ce que Bertrand Russell a une fois appelé «la libération du doute», qui encourage le principe méthodologique de scepticisme scientifique. La politique occidentale, comme la science, procède par le biais de tâtonnements, de débats ouverts, de critiques et d'auto-correction.

    On pourrait caractériser la différence entre l'Occident et le Reste comme une différence de principes épistémologiques. Le désir de connaître hérité des Grecs, peu importe où il mène, a conduit à une institution inégalée - ou très rarement égalée –en dehors de l'Occident: l'université. Avec des instituts de recherche et des bibliothèques, les universités sont, au moins idéalement, des académies indépendantes qui incorporent ces normes épistémologiques, là où nous pouvons rechercher la vérité dans un esprit désintéressé d'enquête, à l'abri des pressions politiques. En d'autres termes, derrière le succès de la société occidentale moderne, avec ses sciences, sa technologie et ses institutions ouvertes, se trouve une manière de regarder le monde, de l'interpréter, de reconnaître et de corriger les problèmes.

    L'édifice de la science moderne et de la méthode scientifique est l'un des plus grands dons de l’homme occidental au monde. L'Occident nous a donné non seulement la quasi-totalité des découvertes scientifiques des 500 dernières années, de l'électricité aux ordinateurs, mais aussi, grâce à ses élans humanitaires, la Croix-Rouge, Médecins Sans Frontières, Human Rights Watch et Amnesty International. L'Occident fournit le gros de l'aide aux victimes du Darfour; les pays islamiques sont remarquables par leur manque d'aide.

    Par ailleurs, d'autres parties du monde reconnaissent la supériorité occidentale. Lorsque d'autres sociétés, comme la Corée du Sud et le Japon, ont adopté les principes politiques occidentaux, leurs citoyens ont pris leur plein essor. C’est vers l’Occident, et non l’Arabie Saoudite ou l’Iran, que fuient des millions de réfugiés en provenance de régimes théocratiques ou d'autres régimes totalitaires, à la recherche de la tolérance et de la liberté politique. Pas plus que n'importe quel politicien occidental serait capable de s’en sortir avec les propos antisémites que l'ancien Premier ministre de Malaisie Mahathir Mohamad a tenus en 2003. Les excuses fournies à la diatribe de Mahathir indiquent non seulement une double norme, mais aussi une reconnaissance tacite que nous appliquons des normes éthiques plus élevées pour les dirigeants occidentaux.

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    Une culture qui a donné au monde le roman, la musique de Mozart, de Beethoven et de Schubert, et les peintures de Michel-Ange, Da Vinci et Rembrandt n'a pas besoin de leçons de sociétés dont l'idée du paradis, peuplé de femmes vierges, ressemble à un bordel cosmique. Pas plus que l'Occident n’a besoin de leçons sur la supériorité des sociétés dans lesquelles les femmes sont maintenues dans la soumission sous la charia, subissent des mutilations génitales, sont lapidées à mort sous l'accusation d'adultère, et sont mariées contre leur gré à l'âge de neuf ans, des sociétés qui nient les droits des prétendues basses castes, des sociétés qui exécutent les homosexuels et les apostats. L'Occident n'a pas besoin des homélies moralisatrices de sociétés qui ne peuvent fournir de l'eau potable ou des systèmes d’égoût, qui n’ont pas de services pour les handicapés, et qui laissent 40 à 50 pour cent de leurs citoyens analphabètes.

    Comme l'ayatollah Khomeini a dit une fois, il n'y a pas de blagues dans l'islam. L'Occident est capable de regarder ses faiblesses et de rire, de se moquer de ses principes fondamentaux, mais il n'existe pas encore d'équivalent de Life of Brian par Monty Python en Islam. Pouvons-nous espérer, un jour, à une Life of Mo? Probablement pas - encore un petit signe que les valeurs de l'Occident restent le meilleur moyen - et peut-être le seul - pour permettre à toutes les personnes, peu importe leur race ou croyances, de réaliser leur plein potentiel et de vivre en liberté.

    Traduction de "Why the West is Best" par Ibn Warraq.

    Depuis 1998, Ibn Warraq a publié plusieurs ouvrages de critiques coraniques et sur les origines de l'Islam, y compris Leaving Islam: Apostates Speak Out, Defending the West : A Critique of Edward Said’s Orientalism, et Which Koran.

    Tiré de http://www.pointdebasculecanada.ca



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